Le jour où bébé vient…

Un récent (heureux) événement dans ma famille m’a poussée à me remémorer l’arrivée de mon premier enfant. Ma petite Country Girl. Il y a presque 6 ans déjà. En entendant les jeunes parents me narrer leur propre expérience, j’ai eu envie de parler des affres joies du premier accouchement.

L’attente

Ce qui est formidable, quand tu attends ton premier enfant, c’est que tu n’as que ça à faire ! Pendant les 6 semaines, parfois un peu moins si Bébé est pressé, tu as pour seule mission de PATIENTER.

Tout autre personne ayant déjà accédé au statut de parent tente généralement à ce moment là de te conjurer d’arrêter (rayer la mention inutile ; pour moi, il n’y en a aucune à supprimer) :

  • de faire le ménage
  • de ranger la maison
  • de préparer la chambre en repassant-pliant-rangeant amoureusement les minuscules bodies taille crevette et les petits chaussons tout chauds
  • de courir dans tous les sens
  • de bêcher le jardin pour préparer un potage (mais à quoi pensai-je donc ?)

Il/elle te supplie de l’écouter, répète que c’est pour ton bien qu’il/elle vous dit ça : « RE-PO-SE TOI !!! Après, ça sera trop tard !!! ». Tu ne remarques pas, alors, ses yeux, injectés d’un mélange de terreur et d’épuisement (tant physique que mental) ; ceux là même qui te feront, toi aussi, passer pour un psychopathe insomniaque dans quelques semaines…

Mais toi, tu n’en as cure. Tu veux juste PROFITER un maximum AVANT que le petit monstre amour ne pointe le bout de son nez et vienne chambouler ta vie.

Spoiler : c’est déjà fait 🙂

Le jour J

Tu ne sais pas trop à quoi t’attendre. Les cours de préparation à la naissance t’ont donné quelques indications / frayeurs, les (vraies) copines t’ont raconté les moindres détails de leur accouchement.

Tu guettes le moindre signe de tension dans ton abdomen. A un moment, tu la sens, cette vague qui vrille un peu l’utérus. Tu en es sûre, c’est parti. Bébé va arriver sous peu. Quelle belle naïveté…

Si tant est qu’il s’agisse d’une vraie contraction et pas d’une fausse qui est juste là pour te rappeler d’être alerte et sur le qui-vive, la première contraction n’est (souvent) que le début d’un long cheminement. Tel Moïse dans le désert, tu avances, lentement mais sûrement vers ce moment qui te rendra mère.

Tu comptes les contractions, tu mesures les intervalles avec la précision d’un horloger suisse. Cette fois, ça y est. Le compte est bon, comme l’a dit la sage femme. Il est temps de partir à la maternité. Tu as eu le temps de prendre une douche, et c’est précisément à ce moment là que le géniteur de ton enfant à naître décide que lui aussi, prendrait bien une petite douche car après tout, « on ne sait pas pour combien de temps on en a« . Tu as envie de lui dégommer un coup de pied dans ses valseuses qui t’ont mise dans cet état, mais tu t’abstiens car tu n’as quand même pas trop envie d’être seule pour expulser ce petit être hors de toi. Surtout vu le ratio de taille tête/ouverture disponible…

Au moment où tu es auscultée par l’équipe de la maternité, si tu as de la chance, tu vas directement en salle d’accouchement. Pour la majorité, dont j’ai fait partie les deux fois, tu es « juste » à 2 ou 3 cm de dilatation. Donc tu patientes (encore) dans ta chambre, avec pour seules occupations :

  • la télévision
  • les allers et retours pour tenter d’accélérer le processus
  • les va et vient sur le ballon (cf. ci dessus)

Tu évites de trop manger ou boire car tu ne voudrais pas qu’un incident malheureux vienne tout gâcher en salle d’accouchement…

C’est généralement à cet instant que les choses se gâtent pour toi. Les contractions ne sont plus une petite houle pénible, elles deviennent petit à petit un tsunami du genre à submerger un gratte-ciel. Tu as envie d’arracher un membre à quelqu’un, histoire de partager ta douleur. Tout ce que tu veux, c’est qu’on te pose cette pu***n de péridurale de m**de pour abréger ta souffrance. Dixit mon mari, je ressemblais à un cheval qu’il aurait fallu abattre sur un champ de course… Tu attends et attends et attends encore que l’anesthésiste soit libre. Tu es même prête à lui donner 500 balles pour qu’il vienne te voir toi en priorité…

Quand il arrive tel un Messie annoncé sur terre, tu as envie de l’embrasser malgré la taille de l’aiguille qu’il projette de te planter dans le dos. A partir de cet instant, c’est le rêve éveillé. Tu sens le travail qui avance, bébé qui se prépare à sortir, sans ressentir aucune douleur. La magie du progrès et de la médecine… Si tu as la chance d’avoir attendu avec du protoxyde d’azote, tu gardes un peu de cette hilarité indécente dont tu n’avais cure quand tu te pliais en deux comme dans l’Exorciste quelques minutes plus tôt…

Après un certain temps, qui varie d’une poignée d’heures à une éternité, on te dit que « ça y est, on va pouvoir y aller« . Col à 10, tête de bébé affleurante, contractions très rapprochées. On donne le GO. Et là, tu te mets à pousserrrrrrrrrrrrrrrr de toutes tes forces comme si tu essayais de soulever un tank avec tes abdos et ton périnée. Une fois. Deux fois. Dix fois parfois. Bébé passe enfin sa tête (en général), puis les épaules et c’est bon. L’équipe te tend la 8ème merveille du monde qui te fait pleurer de joie et de soulagement en même temps. Il / elle est là. Ton job est terminé.

Ou plutôt, le premier chapitre est écrit. Car il est déjà temps de passer aux suivants…

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