Ce qui nous revient

La 4ème de couverture : 

Louisa Gorki avait dix ans quand sa mère soprano l’a embrassée en lui lançant « A dans trois jours !  » ― et n’est jamais revenue. Ce n’est que plus tard que la fillette a appris de son père Nicolaï la raison de la fuite d’Elena : celle-ci ne s’absentait pas pour un récital mais, enceinte d’un enfant trisomique, pour un avortement. Elle s’est ensuite sentie incapable de rentrer chez elle, et Louisa a grandi seule avec Nicolaï et leur chagrin. Quinze ans après, Louisa prépare un doctorat en médecine. C’est dans ce cadre qu’elle rencontre Marthe Gautier qui, à la fin des années 1950, a joué un rôle capital dans la découverte du chromosome surnuméraire de la trisomie 21 et s’est vue écartée de l’histoire officielle au profit d’un collègue masculin. Ces deux femmes ont beaucoup à apprendre l’une de l’autre sur la science et la conscience, la résilience et la persévérance, la dépossession et l’indépendance. Si ce texte est une fiction, Marthe Gautier est bien réelle : celle que l’on surnomme la Découvreuse oubliée habite à Paris. Mêlant une authentique controverse scientifique à un drame familial bouleversant, Corinne Royer place son manifeste pour une réhabilitation tardive au coeur d’un roman fougueux et fantasque, et célèbre les promesses fleurissant dans les creux dessinés par la perte.

Ce que j’en ai pensé : 

Je vais vous confier un secret. Je connais Corinne Royer. Oui, oui, pour de vrai. Dans une autre vie, j’ai eu le plaisir de travailler avant qu’elle ne décide d’écrire des livres (ou du moins, avant que nous ayons le plaisir de pouvoir les trouver en librairie).

Son premier roman, M comme Mohican, est envoûtant et bouleversant. Son deuxième roman, La vie contrariée de Louise, est un chef d’oeuvre, rien de moins, qui m’a émue, fait pleurer et réfléchir et qui m’a permis de découvrir les Justes du Chambon-sur-Lignon.

Car s’il y a bien un domaine où excelle désormais Corinne, c’est celui de partir d’un moment de la grande Histoire pour en tisser une histoire singulière et universelle. Son dernier roman, Ce qui nous revient nous parle de la dépossession scientifique d’une découverte faite par une femme. Celle du chromosome surnuméraire dans le syndrôme de Down par la chercheuse Marthe Gautier, injustement attribuée à un de ses collègues masculins qui l’a volontairement mise au second plan. Dans cette histoire, Louisa aussi a été dépossédée de quelque chose. Ou plutôt de quelqu’un. En l’occurrence de sa mère (partie pour trois jours pour avorter d’un fœtus porteur de 3 chromosomes sur la 21ème paire mais qui n’est jamais revenue). De son enfance, à partir du moment où cette mère semble avoir emporté avec elle la légèreté et la joie de vivre de leur foyer.

De ces fragments de vie meurtris, trahis, assombris, Corinne Royer nous montre aussi la lumière et l’espoir. D’un renouveau. D’un retour. D’une restitution.

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